Implications fiscales
La présomption d'unité familiale
En droit fiscal israélien, les couples mariés sont considérés comme une seule « unité familiale ». Autrement dit : si l'un des conjoints possède un appartement, tout bien supplémentaire acheté — même enregistré au seul nom de l'autre conjoint — est classé comme « second bien » et taxé à des taux plus élevés.
Un contrat de mariage prévoyant une séparation des biens peut briser la présomption d'« unité familiale » au regard des droits de mutation. Si le contrat établit une séparation complète, et que les conjoints maintiennent cette séparation dans les faits, le conjoint qui achète un premier appartement bénéficiera des tranches de droits de mutation applicables au « bien unique ».
Les tranches de droits de mutation (2025-2028, gelées)
Les tranches de droits de mutation ont été gelées aux valeurs de 2024 jusqu'au 15 janvier 2028 (loi de rationalisation budgétaire).
Bien unique :
- Jusqu'à 1 978 745 NIS : 0 %
- 1 978 745 à 2 347 040 NIS : 3,5 %
- 2 347 040 à 3 062 735 NIS : 5 %
- 3 062 735 à 5 104 555 NIS : 8 %
- Au-delà de 5 104 555 NIS : 10 %
Bien supplémentaire :
- Jusqu'à 5 872 725 NIS : 8 %
- Au-delà de 5 872 725 NIS : 10 %
Exemple d'économie : un bien d'une valeur de 2 500 000 NIS
Sans contrat de mariage (bien supplémentaire) :
Droits de mutation : 200 000 NIS (8 %)
Avec un contrat de mariage (bien unique) :
- Jusqu'à 1 978 745 NIS : 0 NIS
- 1 978 745 à 2 347 040 NIS : 12 890 NIS (3,5 %)
- 2 347 040 à 2 500 000 NIS : 7 648 NIS (5 %)
- Total : 20 538 NIS
Économie : 179 462 NIS
Les « dix commandements » de la séparation fiscale
Signer un contrat de mariage prévoyant une séparation des biens ne suffit pas à lui seul. L'administration fiscale exige que la séparation soit réelle et effective. Voici les « dix commandements » établis par la jurisprudence et les directives d'application :
- Un contrat de mariage signé et homologué — certification notariale ou judiciaire
- Des comptes bancaires séparés — chaque conjoint gère un compte indépendant
- Aucune caution mutuelle — un conjoint ne se porte pas garant des emprunts de l'autre
- Aucun financement croisé — l'argent de l'un ne sert pas aux acquisitions de l'autre
- Une immatriculation séparée — les biens sont enregistrés au nom du conjoint acquéreur
- Des revenus séparés — chaque conjoint gère ses revenus séparément
- Aucun usage commun des biens — un bien défini comme personnel est utilisé par son seul propriétaire
- Une déclaration fiscale séparée — dépôt de déclarations fiscales séparées lorsque cela est requis
- Un comportement constant — la séparation doit être constante dans le temps
- La documentation — conserver les documents et la traçabilité de la séparation
Important : le non-respect de ces conditions peut conduire l'administration fiscale à ignorer le contrat de mariage et à taxer l'acquisition comme un « bien supplémentaire ».
L'exonération de la taxe sur la plus-value
Un contrat de mariage prévoyant une séparation des biens peut également avoir une incidence sur la taxe sur la plus-value (mas chevach) lors de la vente d'un bien. Si le conjoint vendeur détient un bien unique (en vertu de la séparation), il peut bénéficier d'une exonération totale de cette taxe au titre de l'article 49b(2) de la loi sur la fiscalité immobilière.
Recommandation
Les avantages fiscaux d'un contrat de mariage sont considérables, mais il est important de consulter un conseiller fiscal avant de prendre des décisions. Chaque cas est unique, et les conditions pour briser la présomption d'unité familiale peuvent varier. Nobiru fournit le contrat juridique — pour un conseil fiscal, consultez un spécialiste séparément.
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